Pourquoi n’as-tu pas voulut de moi ? Pourtant avec ta longue cape noire et ta faux, tu as évolué souvent autour de moi, pendant ces soixante cinq années.
La première fois que tu es passé, c’était lors de ma naissance.
Ma mère n’avait plus de force, étant donné que les douleurs de l’enfantement duraient depuis plus de 20 heures. Nous étions à la fin de la guerre, avec les privations, elle était devenue très mince et de plus, elle avait le bassin étroit.
La sage femme finalement s’étant décidée à appeler le médecin, celui-ci arriva, dans sa tenue militaire, car il venait juste d’être démobilisé. Il avait encore ses bandes molletières.
Ayant demandé à mon père qui fallait-il sacrifier, après avoir vu l’état de ma maman : la mère ou l’enfant ?
Mes parents juste marié depuis cinq mois, et mon père n’étant âgé que de vingt ans, ma mère dix neuf, il n’eu aucune hésitation.
Il choisit ma mère. Ils se connaissaient depuis l’âge de quatorze ans.
Le médecin préparât les forceps et se mit à m’extirper sans ménagement, mais il n’y arriva pas facilement, plus il tirait le forceps glissait et le médecin se retrouvait propulsé sur le mur vers l’arrière.
Mon père finit par lui dire, de bien les serrer, puisque l’enfant était sacrifié.
Enfin, il me sortit, morte croyait il, étant une fille, et me déposa sur la table de la cuisine.
Dommage, j’aurais été un beau bébé, car j’avais pompé toutes les vitamines de ma mère.
Heureux d’avoir sauvé la mère, il commençait à se laver les mains, quand des cris aigus d’enfant retentirent.
Tu étais parti, nous laissant vivre ma mère et moi.
Pourquoi ? Tu croyais, m’ayant vu, que cela n’en valait pas la peine.
Ma grand-mère, présente depuis les premières douleurs de sa fille, regarda dans ma direction et ce quelle vit, la mit dans une rage folle.
Je ressemblais à Quasimodo, la tête seulement, car les forceps avait complètement défiguré mon visage.
Elle commença à frapper de ses poings le médecin, n’écoutant pas ses paroles rassurantes, car lui disait-il, un bébé étant fait de cartilage, il pouvait reformer la tête.
Il attrapa ma grand-mère et la mit manu militari dehors, et ferma la porte à clé, sans s’occuper de ses insultes : świnia (sale porc) Pour les polonais, c’était une injure ( je le sais car lorsque j’ai entendu ce mot, étant plus grande, et demandé à ma Babcia (grand-mère en polonais) ce que cela voulait dire, je n’ai eu comme réponse qu’une paire de claque, et je n’ai jamais sut ce que ce terme voulait dire, seulement à l’âge adulte.
Le médecin se mit au travail, reforma ma tête,le résultat fut probant, car plus tard l'on me trouva jolie.
Petit détail, j’ai eu quand même l’œil droit légèrement plus petit.
Nous étions le 4 Novembre 1945, 12h.
Un scorpion, on ne l’a pas comme cela.
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