Nous allions à l’école d’Oignies, Françoise, mon amie elle, est allée à l’école des Sœurs. Tablier noir et nœud blanc dans les cheveux. Obéissance était le mot d’ordre, ainsi que les coups de règles sur la main.
Jamais je ne l’aurais supporté, d’ailleurs, un jour où j’avais bavardé, la maitresse, me fit copier 50 fois (je ne dois pas bavarder en classe).
Je ne l’ai pas fait. Doublé, triplé, toujours pas fait, excédée, elle m’envoya dans la classe préparatoire, pour faire ma punition. Arrivée sur les lieux, je vis à travers la vitre, la Directrice.
J’ai pris la fuite, ne voulant pas entrer, dans la classe, par crainte des sourires moqueurs, et d’être grondée par la Directrice.
Dans la rue, voyant une enfant de 8 ans seule, une dame me demanda ce que je faisais dehors, je lui aie répondu que j’étais malade.
J’ai dit à ma mère que j’avais été renvoyé parce que je n’avais pas fait ma punition, elle n’a pas réagit, quand même étonnée que je rentre seule, puis elle continua à discuter avec notre voisine, la mère de mon amie.
Je faisais semblant de faire ma punition, écoutant leur conversation, lorsque un peu plus tard, une dame est venue demander à ma mère si j’étais là. Celle ci ayant répondu oui, la dame « pipi » surnommée ainsi, car elle s’occupait des petits et du ménage, lui raconta que l’on m’avait cherché partout, avant de venir ici.
Ma mère se mit à pleurer, et moi je du rejoindre l’école. Pendant le trajet « madame pipi » me dit que ce n’était pas bien de faire cela, de plus je faisais pleurer ma mère. Arrivée à l’école, direct le bureau de la directrice.
Elle me sermonna, sans plus, me fit promettre de ne plus recommencer, ils avaient eut si peur, tout les enseignants, de ma disparition. Quand je suis sortie du bureau, c’était la récréation, je fus aussitôt entourée par mes amies, ainsi je les épatais, par ce que j’avais osé faire.
Par contre en rentrant, je n’étais plus si fière, mon père à prit sa ceinture, me claqua quelques coups sur les fesses, et derechef punition d’un mois.
Pouf ! J’avais l’habitude, un mois durait à peine 15 jours, sinon moins.
Babcia est toujours venue à mon secours. « Sale grec » son lègue motif. Jamais elle n’a accepté mon père.
Je partais le plus souvent possible dormir chez elle, échappant ainsi aux punitions, si j’avais fait toutes les punitions promise par mon père, je ne serais jamais sortie.
Là- bas, d’autres enfants, comme moi, jouaient dans les rues, surtout notre jeu favori était le terril. Nous montions là- haut et le jeu consistait à dévaler la pente, en courant. Plus nous descendions, plus la descente était rapide. Le gagnant était celui qui ne tombait pas et arrivait le premier en bas.
La plus part du temps, c’était un buisson qui nous arrêtait, sinon impossible de s’arrêter, on galoperait encore. Mais beaucoup tombaient, et on recommençait.
Ce terril vivait ses dernières heures, il fumait encore au sommet.
Comme chez moi, juste en face, était mon amie, celle que j’avais quand j’étais chez ma grand’mère. J’allais chez elle, quand sa maman faisait des pains vapeur, je me régalais, de leur légèreté.
Babcia, c’était cuisine polonaise, choucroute où elle ajoutait des haricots lingots. Puis ce que j’aimais le plus c’était ses pierogis farci à la viande, pour Diadia (grand-père en polonais) mais je préférais ceux farcis de pruneaux (pate à raviolis, mais plus gros et cuits à l’eau).
Quand nous dormions ensemble, mon grand-père, silicosé, dormait dans un lit à part, nous chantions des comptines en polonais. Malheureusement, depuis sa mort je ne l’ai plus souvent parlé et l’oubli vient avec l’âge.
Diadia aura bien souffert avant de mourir, à petit feu, ses poumons plein de poussière de charbon. Il était repris à 100%, d’invalidité pour sa silicose.
A sa mort j’avais 16 ans, et c’était la première fois que je voyais un mort. Son fils est remonté de Montpellier, pour l’enterrement. C’était la deuxième fois que je revoyais mon parrain.
Il aura fallut une communion et un mort, pour le faire venir, dans sa famille, il en avait adopté une autre, celle de sa femme, une mielleuse, détestée par sa belle mère. Ils ne venaient que pour l’argent que ma grand-mère économisait pour lui, car nous, nous en profitions chaque jour.
Une pension de silicose, rapportait beaucoup à cette époque.
Eux, après allaient chez les beaux parents, où ma tante donnait l’argent à sa mère. Babcia le savait, c’est pourquoi elle n’aimait pas sa belle fille, car en plus elle empêchait son fils de venir souvent.
Ma tante était d’une jalousie maladive, il faut dire que mon oncle, très bel homme, faisait partie d’un orchestre, et les femmes lui tournait autour.
Je pense qu’il ne se privait pas de faire quelques écarts.
Bon ! J’avance trop vite dans ma biographie.
Retournons un peu en arrière.
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